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Synthèses
13 septembre 2026

Permissions POSIX sous Linux et modèle de sécurité des systèmes d'exploitation

Fiche de synthèse A4 sur le modèle des droits POSIX (rwx, calcul octal 755/644/600, 3 acteurs) et analyse comparative de la sécurité Linux face aux malwares (absence d'exécution par défaut, moindre privilège).

#synthese#permissions#chmod#posix#securite#antivirus#linux
securite
C-1.1.3C-3.3.3S-1.1.2S-3.1.5S-3.3.1

Cette fiche détaille le mécanisme de contrôle d’accès natif des systèmes UNIX/Linux et explique pourquoi l’architecture du système offre une résistance structurelle élevée face aux logiciels malveillants.


1. Le Modèle POSIX : 3 Acteurs et 3 Droits Élémentaires

Sous Linux, chaque fichier et chaque répertoire possède une fiche d’identité consultable via ls -l :

- r w x r - x r - -   1 etudiant etudiant 4096 12 sept. 14:00 mon_script.sh
  └──┬──┘ └──┬──┘ └──┬──┘
   User   Group  Others
 (Proprio)(Groupe)(Tous)

Les 3 Acteurs

  1. User (u) : L’utilisateur propriétaire du fichier.
  2. Group (g) : Le groupe d’utilisateurs auquel est associé le fichier.
  3. Others (o) : Tous les autres utilisateurs du système (le reste du monde).

Les 3 Droits élémentaires et leur signification

Droit Symbole Signification sur un FICHIER Signification sur un RÉPERTOIRE
Lecture r (read) Afficher le contenu du fichier (cat, nano). Lister le contenu du dossier (ls).
Écriture w (write) Modifier ou vider le contenu du fichier. Créer, renommer ou supprimer des fichiers dans le dossier.
Exécution x (execute) Lancer le fichier comme un programme exécutable. Traverser le dossier avec cd pour accéder à son contenu.

Point de vigilance : Si un répertoire n’a pas le droit x, il est impossible d’y entrer avec cd, même si l’on dispose du droit de lecture r !


2. Le Calcul Mathématique Octal des Droits

Pour modifier rapidement et précisément les droits avec la commande chmod, on utilise la notation octale basée sur les puissances de 2 :

Lecture (r) = 4     Écriture (w) = 2     Exécution (x) = 1     Aucun (-) = 0

Chaque chiffre du triplet représente la somme des droits de l’acteur correspondant :

Valeur octale Décomposition binaire Droits résultants Cas d’usage type en entreprise
755 (4+2+1) (4+0+1) (4+0+1) rwxr-xr-x Dossiers et scripts exécutables publics : le propriétaire fait tout, les autres peuvent lire et traverser sans modifier.
644 (4+2+0) (4+0+0) (4+0+0) rw-r--r-- Documents bureautiques et fichiers web standard : le propriétaire édite, les autres consultent en lecture seule.
600 (4+2+0) (0+0+0) (0+0+0) rw------- Clés privées SSH, certificats ou tokens sensibles : seul le propriétaire peut lire et écrire, accès strictement refusé à autrui.
700 (4+2+1) (0+0+0) (0+0+0) rwx------ Répertoire personnel privé : aucun utilisateur extérieur ne peut ni lister ni traverser.

3. Pourquoi Linux n’a-t-il pas besoin d’antivirus en usage bureautique standard ?

Il est fréquent d’entendre que les postes de travail bureautiques sous Linux fonctionnent sans logiciel antivirus résident. Cette sécurité ne relève pas de la magie mais de trois piliers d’architecture système :

1. L’absence d’exécution automatique (No Execute by default)

Sur d’autres systèmes, télécharger un fichier .exe ou .bat et double-cliquer dessus lance immédiatement du code avec les privilèges de la session.
Sous Linux, un fichier téléchargé depuis Internet ou reçu par mail n’a JAMAIS le droit d’exécution (x) activé par défaut. Même un script malveillant déposé sur le disque reste un simple bloc inerte de texte tant qu’un utilisateur n’a pas consciemment exécuté un chmod +x.

2. Le cloisonnement strict des privilèges

Même si un utilisateur lance par inadvertance un script douteux dans son dossier /home/etudiant, ce programme s’exécute avec les droits restreints de cet étudiant. Il est techniquement incapable d’altérer les programmes de /usr/bin, de modifier la configuration réseau dans /etc, ou de corrompre les fichiers des autres utilisateurs, car ces répertoires appartiennent exclusivement à root.

3. L’écosystème maîtrisé des dépôts officiels

Sous Linux, on n’installe pas de logiciels en téléchargeant des fichiers d’origine douteuse sur des forums. Tous les logiciels proviennent de dépôts centralisés maintenus par des équipes de sécurité, vérifiés par signatures cryptographiques GPG.

Valorisation E4 — Compétences travaillées

En quoi les gestes techniques de cette ressource valident chaque compétence du référentiel (base du portfolio d'épreuve E4).

  • C-1.1.3Mettre en place et vérifier les niveaux d’habilitation associés à un service

    Mise en place d'habilitations strictes (600 pour les clés SSH, 700 pour les dossiers privés).

  • C-3.3.3Gérer les accès et les privilèges appropriés

    Gestion des accès par le modèle POSIX et résistance structurelle aux malwares (noexec par défaut).